
La peur des requins à La Réunion ne doit plus gâcher vos vacances en famille : la sécurité à 100% est possible, à condition de connaître les règles locales.
- Les lagons sont des sanctuaires naturels où les requins ne peuvent physiquement pas entrer en raison de la barrière de corail et de la faible profondeur.
- La vraie vigilance porte sur les dangers méconnus : le courant des passes, les piqûres de poissons-pierre et l’impact de votre crème solaire sur le corail.
Recommandation : Adoptez une « sécurité active » en privilégiant exclusivement les zones de baignade surveillées à l’intérieur du lagon et en vous équipant de chaussures d’eau et de crème solaire minérale.
En tant que maître-nageur sauveteur sur les plages de l’Ouest, je connais bien cette question qui brûle les lèvres de tous les parents arrivant à La Réunion : « Où peut-on se baigner sans risque avec nos enfants ? ». L’ombre de la « crise requin » plane et transforme ce qui devrait être un plaisir simple en une source d’anxiété. Vous avez entendu les conseils habituels : « restez dans le lagon », « faites attention aux drapeaux ». Ces recommandations sont justes, mais elles sont incomplètes. Elles ne suffisent pas à apaiser cette petite voix inquiète qui vous empêche de vous détendre pleinement lorsque votre enfant barbotte au bord de l’eau.
La plupart des guides survolent le sujet, se contentant de lister quelques plages. Mais si la véritable clé de la sérénité n’était pas seulement de savoir où aller, mais de comprendre pourquoi un lieu est sûr et un autre ne l’est pas ? La sécurité en mer n’est pas une simple case à cocher ; c’est une connaissance fine du milieu, une « lecture de plage » que les locaux acquièrent avec le temps. Mon objectif n’est pas de vous donner une liste, mais de vous transmettre cette expertise.
Ce guide est conçu pour transformer votre appréhension en confiance éclairée. Nous allons démonter ensemble les mécanismes qui rendent les lagons impénétrables, déchiffrer le langage spécifique des signaux de plage réunionnais, et identifier les vrais dangers du quotidien, ceux dont on parle peu mais qui peuvent gâcher une journée. À la fin de cette lecture, vous ne verrez plus la plage de la même manière : vous la comprendrez. Vous saurez exactement où poser votre serviette, à quelle heure y aller et comment équiper votre famille pour une tranquillité d’esprit absolue.
Cet article est structuré pour vous guider pas à pas, de la compréhension des grands principes de sécurité à des conseils très pratiques pour vos sorties plage. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer facilement entre les différentes thématiques abordées.
Sommaire : Le guide complet pour une baignade sereine en famille à La Réunion
- Pourquoi est-il impossible de croiser un grand requin dans le lagon de l’Ermitage ?
- Drapeau rouge, orange ou vert : comment interpréter les signes spécifiques de La Réunion ?
- L’erreur de marcher pieds nus sur le corail qui gâche vos vacances
- Trou d’Eau ou Boucan Canot : quelle plage choisir selon que vous nagez ou surfez ?
- À quelle heure aller à la plage pour avoir assez d’eau sans trop de courant ?
- Cône textile ou poisson-pierre : quels sont les vrais dangers du lagon ?
- Pourquoi votre crème solaire classique tue-t-elle les coraux de l’Ermitage en 20 minutes ?
- Comment faire du snorkeling à La Réunion sans abîmer le lagon ?
Pourquoi est-il impossible de croiser un grand requin dans le lagon de l’Ermitage ?
C’est la question fondamentale qui taraude tous les parents. La réponse est simple et tient à la géographie même de nos côtes : le lagon est une forteresse naturelle. La barrière de corail, qui ceinture des plages comme l’Ermitage, La Saline ou Saint-Pierre, forme un rempart physique infranchissable pour les grands requins pélagiques comme le bouledogue ou le tigre. Ces derniers ont besoin d’une profondeur significative pour chasser et se déplacer, alors que la profondeur des lagons dépasse rarement les deux mètres maximum.
Imaginez un immense bassin protégé, où l’eau est calme, peu profonde et chaude. Les grands requins restent au-delà de cette barrière, côté océan, là où se trouvent leurs proies et les fonds nécessaires à leur évolution. Il n’y a tout simplement aucun intérêt pour eux à tenter de franchir ce récif. Les seules ouvertures vers le large sont les « passes », des chenaux naturels plus profonds où le courant est très fort et la baignade strictement interdite. C’est dans et près de ces passes que le risque est réel. En restant à l’intérieur du lagon, dans les zones de baignade autorisées, le risque de rencontrer un requin dangereux est objectivement nul.
Pour visualiser cette différence fondamentale, voici un tableau qui résume la situation, basé sur les données officielles de la préfecture de La Réunion.
| Zone | Risque requin | Protection | Baignade autorisée |
|---|---|---|---|
| Lagon de l’Ermitage | Quasi-nul | Barrière de corail naturelle | Oui, zone surveillée |
| Hors lagon (océan) | Réel et élevé | Aucune protection naturelle | Non, interdiction préfectorale |
| Zones avec filets | Réduit | Filets anti-requins | Oui, si conditions météo favorables |
Cette distinction est la première clé de votre tranquillité : en choisissant le lagon, vous ne prenez pas un « risque calculé », vous choisissez une zone où le risque requin est structurellement inexistant.
Drapeau rouge, orange ou vert : comment interpréter les signes spécifiques de La Réunion ?
Vous connaissez le code universel des drapeaux de baignade, mais à La Réunion, il faut apprendre à lire quelques signaux supplémentaires, directement liés au risque requin et aux conditions locales. Maîtriser ce langage est une compétence essentielle pour une « sécurité active ». Au poste de secours, notre mission est de vous informer en temps réel, et les flammes sont notre principal outil.

Voici un guide de lecture précis pour ne plus jamais avoir de doute :
- Drapeau vert : Baignade surveillée, conditions optimales. C’est le signal que vous attendez pour vous baigner en toute quiétude avec vos enfants.
- Drapeau jaune-orange : Baignade dangereuse mais surveillée. Cela signifie généralement de la houle, des courants plus forts. Mon conseil de sauveteur : même si c’est autorisé, évitez cette zone avec de jeunes enfants. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.
- Drapeau rouge : Interdiction formelle de se baigner. Le danger est avéré (houle cyclonique, pollution, etc.). Entrer dans l’eau vous met en danger, ainsi que les sauveteurs qui devraient intervenir.
- Absence de drapeau : Zone non surveillée. Considérez cela comme un drapeau rouge permanent. Ne vous baignez jamais, et surtout pas avec des enfants, sur une plage non surveillée.
À cela s’ajoutent deux flammes spécifiques à La Réunion, souvent placées sous les drapeaux principaux :
- Flamme rouge avec un requin : Présence récente d’un requin confirmée dans la zone. L’interdiction de baignade et d’activités nautiques est immédiate et totale.
- Flamme orange avec un requin : Conditions propices à la présence de requins. Cela peut être dû à une « pêche fraîche » à proximité, une eau devenue trouble après la pluie, etc. La prudence est maximale.
Le cas des plages de l’Ouest comme Boucan Canot et les Roches Noires est particulier. Leur sécurité repose sur des filets anti-requins. En cas de forte houle, ces filets sont retirés pour ne pas être endommagés, ce qui entraîne une interdiction systématique de la baignade. Avant de vous y rendre, prenez l’habitude de consulter la météo des plages ou les webcams en ligne pour vérifier que les filets sont bien en place.
L’erreur de marcher pieds nus sur le corail qui gâche vos vacances
L’attention est souvent focalisée sur l’eau, mais les dangers les plus fréquents pour les familles se trouvent en réalité… sous leurs pieds. Je vois trop souvent des vacanciers, et surtout des enfants, marcher pieds nus dans le lagon ou sur le sable et se blesser. Cette simple erreur peut entraîner des coupures, des brûlures ou des piqûres douloureuses. Le lagon est un écosystème vivant, pas une piscine au sol lisse. Le fond est un mélange de sable fin et de débris de corail, appelés « corail mort », qui peuvent être aussi coupants que du verre.
Une petite coupure au pied, même anodine, peut vite s’infecter en milieu tropical et gâcher une partie du séjour. De plus, sur certaines plages comme celle de l’Étang-Salé, le sable volcanique noir devient absolument brûlant en plein soleil, au point de provoquer de véritables brûlures sur la voûte plantaire fragile des enfants. Même sur les plages de sable blanc, des zones de « patates de corail » parsèment le lagon, et marcher dessus est non seulement dangereux pour vous, mais aussi destructeur pour l’écosystème.
La solution est simple et efficace : le port de chaussures d’eau. C’est un équipement non-négociable pour toute la famille. Elles protègent des coupures, des brûlures, mais aussi des piqûres d’oursins ou du redoutable poisson-pierre. Pour bien choisir et utiliser cet équipement indispensable, voici quelques conseils pratiques.
Votre plan d’action : bien choisir ses chaussures d’eau à La Réunion
- Privilégier des chaussures aquatiques fermées avec une semelle en caoutchouc épaisse (type chaussons de néoprène) plutôt que de simples « méduses » en plastique qui laissent passer les débris.
- Acheter sur place dans les grands magasins de sport (Décathlon à Saint-Pierre ou Saint-Denis, Go Sport…) ou les boutiques de plage locales. Les modèles vendus ici sont testés et adaptés aux fonds réunionnais.
- Choisir une pointure très ajustée. Si la chaussure est trop grande, le sable et les petits cailloux s’infiltrent et créent des irritations pires que de marcher pieds nus.
- Prévoir une paire par membre de la famille. Le partage de chaussures humides est un moyen de transmission des mycoses, très fréquentes en climat tropical.
- Les rincer systématiquement à l’eau claire après chaque baignade et les faire sécher à l’ombre pour préserver l’élasticité du néoprène et de la colle.
Cet investissement minime est la meilleure assurance contre les petits bobos qui peuvent rapidement transformer une journée de rêve en un mauvais souvenir.
Trou d’Eau ou Boucan Canot : quelle plage choisir selon que vous nagez ou surfez ?
Toutes les zones « sécurisées » ne se valent pas et ne répondent pas aux mêmes besoins, surtout avec des enfants en bas âge. Deux options populaires auprès des familles sont le lagon de Trou d’Eau (à La Saline) et le bassin de baignade de Boucan Canot. Elles sont toutes les deux sûres, mais leur philosophie est radicalement différente. Choisir la bonne plage, c’est s’assurer une journée sans stress et adaptée à l’âge de vos enfants.
Trou d’Eau est l’expérience « lagon » par excellence : une immense étendue d’eau très peu profonde, protégée par la barrière de corail, avec des cocotiers pour l’ombre. C’est l’endroit idéal pour les tout-petits qui peuvent patauger sur des dizaines de mètres sans jamais perdre pied. C’est plus sauvage, moins fréquenté et parfait pour s’initier au snorkeling en toute sécurité. En revanche, les commodités sont limitées et la zone n’est pas surveillée.
Le bassin de Boucan Canot, lui, est une piscine d’eau de mer artificielle, construite à côté de la grande plage océanique. Protégé des vagues et des requins par des enrochements, il offre une profondeur variable, idéale pour les enfants qui commencent à nager. C’est un environnement très maîtrisé, surveillé, avec restaurants et commodités à portée de main. Comme le résume bien un expert local du Guide IRV, « c’est moins naturel que le lagon, mais les enfants s’y plaisent bien ! ». L’inconvénient : il y a très peu d’ombre et l’endroit est souvent bondé le week-end.
Le choix dépend donc de votre priorité : la nature et le calme (Trou d’Eau) ou la praticité et la surveillance (Bassin de Boucan). Voici un tableau pour vous aider à décider.
| Critères familiaux | Trou d’Eau | Boucan Canot (bassin) |
|---|---|---|
| Profondeur eau | Très faible (lagon) | Variable (quelques cm à 1m80) |
| Protection solaire | Cocotiers naturels | Peu d’ombre naturelle |
| Accès poussette | Moyennement facile | Facile (parking proche) |
| Surveillance MNS | Non surveillé | Surveillé aux heures d’ouverture |
| Activités enfants | Snorkeling, kayak transparent | Piscine artificielle sécurisée |
| Affluence weekend | Calme | Très fréquenté |
| Commodités | Limitées | Restaurants, bars, toilettes |
Mon conseil de sauveteur : pour des enfants de moins de 3 ans, la faible profondeur de Trou d’Eau est inégalable. Pour des enfants plus grands qui veulent sauter et nager dans une zone délimitée, le bassin de Boucan est une excellente option.
À quelle heure aller à la plage pour avoir assez d’eau sans trop de courant ?
Vous avez choisi la plage parfaite, mais vous n’êtes pas au bout de vos peines si vous arrivez au mauvais moment. À La Réunion, le lagon vit au rythme des marées. Arriver à marée basse peut signifier trouver une étendue de corail à nu avec quelques flaques d’eau, décevant pour les enfants. Arriver en plein milieu de la marée descendante peut créer des courants de sortie de lagon plus marqués. La « lecture de plage » inclut donc aussi une lecture du temps.
La température de l’eau, elle, est rarement un problème. Avec une eau qui oscille entre 23°C en hiver austral et 29°C en été, le confort est quasi permanent. Le vrai enjeu est de combiner trois facteurs : un niveau d’eau suffisant pour barboter, un courant minimal et un indice UV raisonnable pour la peau fragile des enfants. Croyez-en mon expérience, le créneau parfait existe.
Voici le planning horaire optimal pour une journée plage réussie en famille :
- Le créneau idéal (9h – 11h) : C’est le moment en or. Le soleil n’est pas encore à son zénith, l’indice UV est modéré, la plage est encore calme et, si vous calez cela sur la fin de la marée montante, vous aurez un niveau d’eau parfait et une eau très calme.
- La tranche à éviter (12h – 15h) : C’est le moment du « lézard ». L’indice UV est à son maximum. Même avec une crème solaire indice 50+ et un parasol, le risque de coup de soleil et d’insolation pour les plus jeunes est trop élevé. C’est l’heure du déjeuner à l’ombre ou de la sieste.
- Le créneau de l’après-midi (16h – 17h) : Une bonne alternative si la marée est favorable. Le soleil est moins agressif, la lumière est magnifique. Attention cependant à l’heure de fin de surveillance des plages, qui se situe généralement autour de 17h ou 17h30. Ne vous laissez pas surprendre.
Avant chaque sortie, prenez deux réflexes simples : consultez un site ou une application de météo des plages pour connaître la houle et l’état de la mer, et un calendrier des marées pour viser le milieu de la marée montante. Ce simple quart d’heure de préparation transformera votre expérience.
Cône textile ou poisson-pierre : quels sont les vrais dangers du lagon ?
Maintenant que l’angoisse du requin est écartée, il est temps de se concentrer sur les vrais dangers potentiels du lagon. Ils sont rares, mais les connaître est la meilleure des préventions. La Réserve Naturelle Marine de La Réunion abrite une biodiversité incroyable, avec plus de 3500 espèces. Parmi elles, deux méritent une vigilance particulière : le poisson-pierre et les cônes textiles.
Le poisson-pierre est le principal risque. C’est le poisson le plus venimeux au monde. Son talent ? Un camouflage parfait qui le fait ressembler à un rocher couvert d’algues. Il se tapit, immobile, près des zones rocheuses ou coralliennes. La piqûre, provoquée lorsqu’on lui marche dessus, est extrêmement douloureuse et constitue une urgence médicale. Le cône textile, un joli coquillage, est également venimeux, mais les accidents sont beaucoup plus rares car il faut le manipuler pour qu’il déploie son dard.
La règle d’or pour éviter 99% des problèmes est simple : ne rien toucher et bien regarder où l’on met les pieds. C’est là que les chaussures d’eau à semelle épaisse prennent tout leur sens, car elles offrent une excellente protection. Les oursins, bien que leurs piqûres soient douloureuses, sont un risque bien plus bénin. La surveillance des plages par les MNS de 9h à 17h est aussi un gage de sécurité, car nous sommes formés à intervenir. En cas de piqûre de poisson-pierre, il est vital de connaître les gestes qui sauvent.
Voici le protocole d’urgence à appliquer immédiatement :
- Sortir la victime de l’eau immédiatement, sans paniquer, et l’allonger en évitant qu’elle pose le pied blessé au sol.
- Ne JAMAIS inciser, sucer la plaie ou poser un garrot. Ces gestes sont dangereux et inefficaces.
- Immerger le membre touché (pied, main) dans de l’eau la plus chaude possible (autour de 45°C, chaude mais supportable) pendant au moins 30 minutes. La chaleur détruit la toxine du venin, qui est thermolabile. C’est le geste le plus important.
- Appeler immédiatement le 15 (SAMU) pour une prise en charge médicale d’urgence, même si la douleur diminue.
- En attendant les secours, surélever le membre piqué et rassurer la victime.
Connaître ce protocole ne doit pas vous effrayer, au contraire : cela vous donne le pouvoir de bien réagir. Les accidents sont très rares, mais être préparé est la marque d’un parent serein.
À retenir
- La sécurité absolue pour les enfants se trouve exclusivement dans les lagons protégés par une barrière de corail et dans les zones surveillées.
- La vigilance doit se porter sur les dangers concrets du lagon : coupures de corail, piqûres de poisson-pierre et courants des passes.
- L’équipement est clé : des chaussures d’eau fermées et une crème solaire respectueuse des coraux sont des indispensables pour toute la famille.
Pourquoi votre crème solaire classique tue-t-elle les coraux de l’Ermitage en 20 minutes ?
Assurer la sécurité de vos enfants est votre priorité, mais il existe une autre forme de responsabilité : celle de protéger l’écosystème fragile qui vous accueille. Le lagon de La Réunion, malgré des eaux de baignade jugées majoritairement d’excellente qualité en 2023-2024 par l’ARS, est un milieu sous pression. L’un des agresseurs les plus insidieux est la crème solaire que nous portons tous.
La plupart des crèmes solaires conventionnelles contiennent des filtres chimiques, comme l’Oxybenzone et l’Octinoxate. Des études scientifiques ont prouvé que ces substances sont extrêmement toxiques pour les coraux. Elles provoquent leur blanchissement, perturbent leur reproduction et leur croissance. On estime que quelques gouttes de ces produits dans un volume d’eau équivalent à plusieurs piscines olympiques suffisent à causer des dégâts. Lorsque vous vous baignez, votre crème se dilue dans l’eau et vient napper les coraux, les « brûlant » chimiquement en quelques dizaines de minutes.
Protéger vos enfants du soleil et protéger le lagon ne sont pas deux objectifs contradictoires. La solution réside dans le choix de votre protection solaire. Il est impératif d’opter pour des crèmes solaires « coral-safe », ou respectueuses du récif. Ces produits utilisent des filtres minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane) qui forment un écran physique à la surface de la peau sans se dissoudre dans l’eau et sans nuire à la faune et la flore marine.
Pour vous aider à faire le bon choix, voici un guide pratique :
- Lisez l’étiquette : Cherchez la mention « sans Oxybenzone » et « sans Octinoxate ». C’est le critère numéro un.
- Privilégiez les filtres minéraux : Les ingrédients à rechercher sont « Zinc Oxide » et « Titanium Dioxide », idéalement sous forme « non-nano » pour limiter leur ingestion par les organismes marins.
- Achetez local et informé : Vous trouverez facilement ces crèmes à La Réunion. Demandez conseil dans les pharmacies de l’Ouest (Saint-Paul, Saint-Gilles) ou les parapharmacies (Leclerc à Saint-Pierre est bien fourni). Des marques comme les Laboratoires de Biarritz, Alphanova Sun ou EQ Love sont souvent disponibles.
- Pensez à l’alternative textile : La meilleure des protections solaires est celle qu’on ne met pas ! Un lycra anti-UV (t-shirt ou combinaison) est l’option la plus efficace et la plus écologique pour les longues sessions de baignade des enfants.
En adoptant ces gestes, vous participez activement à la préservation de ce paradis pour que les générations futures, y compris vos propres enfants, puissent encore en profiter.
Comment faire du snorkeling à La Réunion sans abîmer le lagon ?
Une fois la confiance installée, le lagon s’ouvre à vous comme un livre d’images. Le snorkeling (exploration avec palmes, masque et tuba) est l’activité familiale par excellence pour découvrir les merveilles sous-marines de La Réunion. C’est une expérience magique pour les enfants, qui peuvent observer des poissons multicolores dans quelques centimètres d’eau. Mais cette magie est fragile. Comme le rappelle un guide de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion dans son programme de sensibilisation, « un coup de palme involontaire peut détruire des décennies de croissance corallienne ».

Le corail est un animal vivant, et non une pierre. Le simple fait de le toucher, de marcher dessus ou de le heurter avec une palme peut le briser ou lui transmettre des bactéries qui le rendront malade. Pour que cette activité reste un plaisir durable, la règle est simple : « on regarde avec les yeux, on ne touche avec rien ». Apprenez à vos enfants à flotter, à rester à l’horizontale et à palmer doucement, loin des massifs coralliens. Ne nourrissez jamais les poissons, cela perturbe leur comportement naturel et l’équilibre de l’écosystème.
Pour une première expérience encadrée et pédagogique, je vous recommande vivement le sentier sous-marin de l’Ermitage. Géré par la Réserve Marine, ce parcours balisé permet une découverte guidée du récif. C’est une excellente initiation pour les enfants, qui apprennent les bons gestes tout en s’émerveillant. Les guides expliquent la règle du « zéro contact » et l’importance de maîtriser sa flottabilité pour ne pas endommager cet environnement précieux. C’est la meilleure façon de combiner émerveillement et éducation.
Un coup de palme involontaire peut détruire des décennies de croissance corallienne.
– Guide de la Réserve Naturelle Marine de La Réunion, Programme de sensibilisation environnementale
En enseignant ces gestes de respect à vos enfants, vous ne faites pas que préserver le lagon : vous leur transmettez des valeurs fondamentales de protection de la nature qui les suivront toute leur vie.
Maintenant que vous avez toutes les clés pour une baignade en toute sérénité, l’étape suivante est de mettre ces conseils en pratique et de transmettre cette culture de la sécurité et du respect à vos enfants. Ils sont les meilleurs ambassadeurs pour l’avenir de nos lagons.