Publié le 15 mars 2024

Contrairement à l’idée d’une simple tolérance passive, le « vivre-ensemble » à La Réunion est une pratique active et quotidienne. Cet article révèle comment le syncrétisme, le respect mutuel et une histoire partagée permettent non seulement de visiter une mosquée, une église et un temple en une journée, mais surtout de comprendre la grammaire unique de cette cohabitation exemplaire, de l’autel de bord de route à l’assiette de cari.

Imaginez un lieu où, dans la même journée, vous pouvez admirer les minarets d’une mosquée, vous recueillir dans une église baroque, et observer les rituels colorés d’un temple hindou. Cette expérience, qui relèverait du marathon logistique dans la plupart des pays du monde, est une réalité accessible à La Réunion. Pour le voyageur fasciné par les interactions humaines, l’île offre bien plus que des paysages spectaculaires : elle propose une immersion dans un laboratoire du « vivre-ensemble ».

Beaucoup d’articles se contentent de lister les différents édifices religieux comme des points d’intérêt touristique. Ils mentionnent la cohabitation comme une caractéristique exotique, une simple juxtaposition de communautés. Mais cette vision est incomplète. Elle ignore la dynamique profonde, cette « grammaire de la cohabitation » qui s’est construite au fil des siècles. Car ici, les croyances ne font pas que coexister en paix ; elles dialoguent, s’empruntent des rites et partagent l’espace public de manière fluide et organique.

Et si la véritable clé pour comprendre La Réunion n’était pas dans la séparation respectueuse des cultes, mais dans leur interpénétration constante ? Cet article vous propose un voyage au cœur de ce syncrétisme actif. Nous n’allons pas seulement vous dire où aller, mais nous allons décrypter pour vous les codes de cette spiritualité poreuse. Nous verrons comment un saint catholique est devenu une divinité populaire païenne, pourquoi les frontières entre les fois sont parfois floues au sein d’une même famille, et comment cette fusion culturelle trouve son expression la plus parfaite dans la cuisine locale. Préparez-vous à découvrir le mécanisme secret du miracle réunionnais.

Pour vous guider dans cette exploration unique, cet article est structuré pour répondre aux questions que se pose tout voyageur curieux. Chaque section lève le voile sur une facette de cette cohabitation exceptionnelle, vous donnant les clés pour lire et apprécier la richesse spirituelle de l’île.

Sommaire : Le guide complet du syncrétisme et de la cohabitation religieuse à La Réunion

Pourquoi trouve-t-on des petits autels rouges (Saint-Expédit) à chaque carrefour ?

En sillonnant les routes de La Réunion, impossible de manquer ces petites chapelles rouges, souvent ornées de fleurs fraîches et de bougies. Il s’agit d’autels dédiés à Saint-Expédit, une figure centrale de la spiritualité populaire réunionnaise. Loin d’être de simples curiosités, ces quelque 400 oratoires dédiés à Saint-Expédit recensés sur l’île sont le premier indice visible de la nature syncrétique de la foi locale. Saint-Expédit, un martyr romain, a été adopté et transformé par la population. On le prie pour des causes urgentes, des examens, un permis de conduire ou pour trouver un emploi, dans une relation transactionnelle directe : une faveur contre une offrande.

Ce culte, bien que toléré par l’Église catholique, opère en marge de la liturgie officielle. Comme le résume parfaitement l’historien Prosper Eve, spécialiste du sujet :

Saint Expédit incarne une ‘troisième voie’ de la spiritualité réunionnaise, un syncrétisme populaire qui n’est ni chrétien, ni hindou, ni musulman.

– Prosper Eve, Historien spécialiste du culte de Saint-Expédit à La Réunion

Cette « troisième voie » illustre la capacité des Réunionnais à s’approprier des symboles extérieurs pour les intégrer dans un système de croyances local et pragmatique. Il n’est pas rare de voir une personne d’obédience hindoue ou d’ascendance africaine faire une halte devant un autel de Saint-Expédit. C’est la manifestation la plus pure d’une spiritualité poreuse, où l’efficacité du rite prime sur l’orthodoxie doctrinale.

L’arrivée miraculeuse du culte par Fanny Fleurié

L’histoire de l’introduction du culte est elle-même « expéditive ». En 1931, une Réunionnaise nommée Fanny Fleurié, bloquée à Marseille depuis six mois en attente d’un bateau pour rentrer, se mit à prier Saint-Expédit. Elle fit la promesse d’importer son culte sur l’île si son départ était accéléré. Trois jours plus tard, elle embarquait. Fidèle à sa promesse, elle fit bénir la toute première statue dans l’église de la Délivrance à Saint-Denis, marquant le début d’une dévotion qui allait essaimer sur toute l’île.

Mosquée Noor-e-Islam ou Temple du Colosse : quelles règles pour entrer en tant que non-pratiquant ?

La « grammaire de la cohabitation » réunionnaise ne se limite pas au syncrétisme ; elle repose sur un pilier fondamental : le respect institutionnalisé. La possibilité de visiter des lieux de culte aussi différents qu’une mosquée et un temple hindou témoigne d’une volonté d’ouverture. Cependant, cette ouverture s’accompagne de règles précises, conçues pour préserver le caractère sacré des lieux tout en accueillant le visiteur curieux. Que vous souhaitiez admirer l’architecture de la mosquée Noor-e-Islam à Saint-Denis, la plus ancienne de France, ou les couleurs vives du Temple du Colosse à Saint-André, des codes communs s’appliquent.

La première règle est celle de la tenue. Il est universellement demandé de couvrir ses épaules et ses jambes. Pour les femmes, un foulard peut être nécessaire pour entrer dans la salle de prière d’une mosquée. La deuxième règle est de se déchausser. Des casiers ou des étagères sont toujours prévus à l’entrée. Enfin, le silence et la discrétion sont de mise, surtout si votre visite coïncide avec un temps de prière. Ces règles ne sont pas des contraintes, mais le langage commun du respect qui rend ces visites possibles.

Entrée accueillante d'un lieu de culte avec espace pour les chaussures à La Réunion

De nombreux lieux de culte majeurs organisent des visites guidées. C’est le cas de la mosquée Noor-e-Islam, qui accueille les visiteurs en dehors des heures de prière. C’est une occasion unique de poser des questions et de comprendre les fondements de l’Islam dans un contexte d’échange bienveillant. Cette démarche proactive d’accueil est un élément clé du patrimoine partagé réunionnais.

Plan d’action pour une visite interculturelle réussie

  1. Points de contact : Avant votre visite, repérez les horaires dédiés aux non-pratiquants. Pour la mosquée Noor-e-Islam, c’est du lundi au jeudi, de 9h à 12h et de 14h à 16h. Notez les contacts pour les visites de groupe.
  2. Collecte des codes : Inventoriez les éléments du « dress code » (épaules et jambes couvertes) et les règles de comportement (se déchausser, parler à voix basse, ne pas prendre de photos des fidèles sans autorisation).
  3. Cohérence : Assurez-vous que votre tenue et votre attitude sont en adéquation avec le caractère sacré du lieu. Il ne s’agit pas d’une attraction touristique, mais d’un espace de foi vivant.
  4. Mémorabilité : Allez au-delà du simple regard. Portez attention aux détails architecturaux, aux sons, aux odeurs d’encens. Essayez de ressentir l’atmosphère du lieu.
  5. Intégration respectueuse : Si un guide est présent, posez des questions. Si une boîte à dons est visible, considérez de laisser une petite contribution pour l’entretien du lieu qui vous a accueilli.

Pourquoi certains Réunionnais prient-ils Jésus le matin et les ancêtres le soir ?

Le syncrétisme réunionnais atteint son expression la plus intime au sein même des familles, particulièrement dans la communauté d’origine indienne. Le phénomène de la « double pratique » ou « double appartenance » religieuse est une réalité fascinante qui déconcerte souvent le visiteur. Il n’est pas rare de rencontrer des Réunionnais d’ascendance tamoule qui, bien que baptisés et pratiquant le catholicisme, continuent d’honorer leurs divinités hindoues et de célébrer les grandes fêtes comme le Dipavali. Cette dualité n’est pas vécue comme une contradiction, mais comme une richesse.

L’origine de ce phénomène remonte à l’histoire de l’engagisme. Après l’abolition de l’esclavage en 1848, des travailleurs indiens ont été amenés sur l’île. L’Église catholique, très influente, a mené une politique de conversion active. Comme le souligne la documentation de l’Office de Tourisme de l’Ouest, ces conversions ont provoqué une double appartenance religieuse dans ces communautés. Plutôt que d’abandonner leurs croyances ancestrales, beaucoup les ont intégrées à leur nouvelle foi. Jésus, Marie et les saints catholiques sont venus s’ajouter au panthéon hindou, sans le remplacer.

Cette forme de syncrétisme actif se manifeste de manière très concrète. La même personne peut assister à la messe le dimanche matin et, le soir, faire une offrande sur un autel domestique dédié à Lakshmi ou Ganesh. Il s’agit d’une stratégie spirituelle visant à cumuler les protections et les bienfaits. On s’adresse à Jésus pour le salut de l’âme et aux ancêtres ou aux divinités familiales pour les aspects plus matériels de la vie : santé, prospérité, réussite des enfants. C’est une illustration parfaite de la capacité créole à superposer les identités sans les opposer, créant une synthèse culturelle unique et fonctionnelle.

Où voir les danses du Lion et les pétards pour le Nouvel An Chinois ?

Le « vivre-ensemble » réunionnais prend une dimension spectaculaire et sonore lors des grandes fêtes religieuses qui rythment le calendrier. Le Nouvel An Chinois, célébré généralement en janvier ou février, transforme les rues des principales villes en scènes de liesse partagées par toute la population, quelle que soit son origine. C’est un moment privilégié pour observer comment une tradition communautaire devient une fête pour tous.

Pour une immersion complète, les deux épicentres des festivités sont Saint-Denis et Saint-Pierre. À Saint-Denis, le quartier chinois autour de la rue Saint-Anne s’anime de défilés, de démonstrations d’arts martiaux et, bien sûr, des fameuses danses du Lion et du Dragon. Ces lions colorés, animés par des danseurs acrobates, passent de boutique en boutique pour recueillir des offrandes (souvent une salade, symbole de prospérité) en échange de leur bénédiction. La tradition veut que les pétards, allumés en abondance, chassent les mauvais esprits et assurent une nouvelle année prospère au commerce.

Participer à ces célébrations est une expérience sensorielle intense. Le bruit assourdissant des pétards, l’odeur de la poudre, les couleurs vives des costumes et la ferveur de la foule créent une atmosphère électrique. C’est un exemple de sacré quotidien qui déborde dans l’espace public et commercial. Le rituel n’est pas confiné au temple, il investit la rue et la vie économique, et tous les Réunionnais sont invités à y prendre part, ne serait-ce qu’en tant que spectateurs enthousiastes.

  • Lieu principal : Le quartier chinois de Saint-Denis est le cœur des célébrations, avec de grands défilés.
  • Autre lieu majeur : Le centre-ville de Saint-Pierre organise également d’importantes festivités.
  • Le rituel du lion : Observez les commerçants faire des offrandes de salades aux lions pour attirer la chance.
  • Le rôle des pétards : Leur vacarme n’est pas qu’festif, il est censé éloigner les démons et purifier les lieux pour l’année à venir.

Pourquoi le cimetière de Saint-Paul est-il un lieu de promenade historique et non morbide ?

Même dans le rapport à la mort, La Réunion affiche sa singularité. Le cimetière marin de Saint-Paul, avec ses tombes blanches face à l’océan Indien, est bien plus qu’un lieu de dernier repos. C’est un livre d’histoire à ciel ouvert, un lieu de mémoire et de promenade où les Réunionnais viennent se ressourcer, loin de l’atmosphère pesante que l’on associe habituellement aux cimetières. Son cadre exceptionnel, balayé par les alizés, en fait une destination de balade dominicale.

Ce qui rend ce lieu si spécial, c’est qu’il raconte l’histoire du peuplement de l’île. En déambulant dans ses allées, on croise les tombes des grandes familles de colons, des pirates (comme celle, légendaire, d’Olivier Levasseur, dit « La Buse »), des poètes et des anonymes. Chaque pierre tombale est un fragment du passé réunionnais. C’est ici que repose le célèbre poète parnassien Leconte de Lisle, né à Saint-Paul en 1818, qui, malgré une vie passée en métropole, reste une figure tutélaire de la culture insulaire. Sa tombe est un lieu de pèlerinage pour les amateurs de littérature.

Vue contemplative du cimetière marin de Saint-Paul face à l'océan Indien

Le cimetière est ainsi un patrimoine partagé, un lieu où l’histoire collective transcende les origines et les confessions individuelles. On ne vient pas seulement y honorer ses morts, mais aussi se connecter à l’âme de l’île. Cette approche dédramatisée de la mort, transformant un cimetière en parc historique et contemplatif, est une autre facette de la philosophie de vie réunionnaise, où le passé et le présent cohabitent en harmonie. La présence de la tombe d’un académicien français comme Leconte de Lisle, élu à l’Académie française en 1886, ancre fermement ce lieu dans l’histoire intellectuelle et culturelle de la France.

Dipavali ou Nouvel An Chinois : quelle fête planifier pour votre voyage en octobre/novembre ?

Pour un voyageur souhaitant faire coïncider son séjour avec une grande fête culturelle, le choix entre le Dipavali et le Nouvel An Chinois est un dilemme heureux. Ces deux événements majeurs, bien que différents dans leur forme et leur symbolique, offrent une porte d’entrée spectaculaire dans les traditions hindoue et chinoise de l’île. Le choix dépendra principalement de votre période de voyage et de l’ambiance que vous recherchez.

Le Dipavali, ou Fête de la Lumière, se déroule en octobre ou novembre et constitue le moment le plus important du calendrier tamoul. C’est une célébration de la victoire du bien sur le mal, symbolisée par des milliers de petites lampes à huile qui illuminent les maisons et les temples. L’ambiance est plus spirituelle, poétique et familiale. L’épicentre des festivités est la ville de Saint-André, qui organise de grands défilés de chars fleuris et des spectacles de danse indienne. C’est l’occasion rêvée de plonger dans la religion hindoue à La Réunion.

Le Nouvel An Chinois, en janvier ou février, est d’une nature plus extravertie et festive. Centré sur les villes de Saint-Denis et Saint-Pierre, il est marqué par le bruit des pétards, les défilés de dragons et les danses du Lion. L’ambiance est joyeuse, commerciale et tournée vers l’extérieur. Si vous recherchez l’effervescence et le spectacle de rue, c’est l’événement à ne pas manquer. Pour vous aider à choisir, voici un tableau comparatif simple.

Comparaison des deux grandes fêtes religieuses de La Réunion
Caractéristique Dipavali Nouvel An Chinois
Période Octobre/Novembre Janvier/Février
Communauté principale Hindoue/Tamoule Chinoise
Lieu principal Saint-André Saint-Denis
Ambiance Spirituelle, poétique Festive, commerciale
Symbole Lumières, lampes Lion, pétards

Pourquoi La Réunion est-elle souvent citée comme modèle mondial de vivre-ensemble ?

Si La Réunion est si souvent érigée en exemple, c’est parce que la cohabitation n’y est pas un concept abstrait ou un vœu pieux, mais une réalité vécue et institutionnalisée. L’île présente une mosaïque religieuse complexe où, selon les estimations, le christianisme (majoritairement catholique) côtoie un hindouisme pratiqué par environ un quart de la population, un islam représentant près de 10%, ainsi que le bouddhisme et des cultes traditionnels. Cette diversité, qui pourrait être source de tensions ailleurs, est ici gérée par une « grammaire de la cohabitation » éprouvée.

Un des piliers de ce modèle est le dialogue institutionnel. Dès 2000, bien avant que le dialogue interreligieux ne devienne une préoccupation mondiale, a été créé le Groupe de Dialogue Inter-religieux (GDIR). Présidé par des figures respectées comme Idriss Banian, il réunit les responsables des principales confessions. Ce groupe ne se contente pas de gérer les crises ; il travaille en amont pour promouvoir la connaissance et le respect mutuels à travers des actions communes et des prises de parole publiques.

Mais le modèle réunionnais ne repose pas uniquement sur ses élites. Il est profondément ancré dans la population. L’exemple le plus marquant fut la réaction aux attentats du 11 septembre 2001. Alors que la méfiance envers les musulmans grandissait dans le monde, La Réunion offrit une réponse extraordinaire.

La marche pour la paix de 2001 : la réponse du peuple

Profondément choqués par les attentats, les Réunionnais ont manifesté leur unité de manière spectaculaire. À l’appel du GDIR, près de 15 000 personnes, de toutes origines et de toutes religions, ont marché silencieusement pour la paix derrière leurs responsables religieux. Cet événement a démontré au monde entier que le « vivre-ensemble » n’était pas un slogan, mais un réflexe citoyen, un contrat social partagé par tous.

Les points essentiels à retenir

  • Le « vivre-ensemble » réunionnais est un syncrétisme actif, pas une simple coexistence, visible dans des cultes populaires comme celui de Saint-Expédit.
  • La visite des lieux de culte est possible grâce à des règles de respect claires (tenue, se déchausser) et une volonté d’accueil des communautés.
  • La cohabitation se vit aussi à l’échelle intime, avec le phénomène de la double appartenance religieuse, où les croyances se superposent sans s’exclure.

Pourquoi le Cari réunionnais est-il le résultat parfait du métissage historique ?

S’il fallait un seul symbole pour incarner la réussite du métissage réunionnais, ce serait sans doute le cari. Ce plat emblématique, présent sur toutes les tables de l’île, est bien plus qu’une recette : c’est une synthèse culinaire de toute l’histoire de La Réunion. Chaque ingrédient, chaque épice, chaque technique de cuisson raconte une histoire de migrations, d’échanges et d’adaptations. Goûter un cari, c’est littéralement savourer le « vivre-ensemble ».

La base du cari est un mélange d’épices où le curcuma (« safran péi ») et le massalé rappellent l’arrivée des engagés indiens. Les techniques de cuisson lente en marmite de fonte (la fameuse « marmite ») et l’utilisation des « brèdes » (feuilles comestibles) portent l’héritage des cuisines d’Afrique et de Madagascar. L’ail, le thym et l’oignon, omniprésents, signent l’influence européenne. Enfin, le piment, souvent servi à part sous forme de rougail, est la touche créole par excellence, une fusion des traditions. Le tout est servi avec du riz, base alimentaire commune apportée par les différentes vagues de migration asiatique.

Le cari est la preuve que la créolisation n’est pas qu’un concept sociologique, mais une pratique du quotidien. Les différentes communautés ont partagé leurs savoir-faire pour créer quelque chose de nouveau et d’unique, qui appartient désormais à tous. Comme le résume la genèse de la population de l’île, sa démographie se caractérise par des origines européennes, africaines, malgaches, indiennes et chinoises, et cette diversité a directement façonné sa culture et sa cuisine. Voici la décomposition de cet héritage :

  • Épices indiennes : Le curcuma et le massalé sont l’âme du plat, héritage des travailleurs tamouls.
  • Techniques africaines/malgaches : La cuisson lente en marmite et l’usage des brèdes (feuilles) sont des pratiques venues de ces régions.
  • Influences européennes : L’utilisation systématique du thym, de l’ail et de l’oignon vient des colons.
  • Le piment créole : Le rougail, condiment indispensable, est une création locale, fruit de multiples fusions.
  • Base asiatique : Le riz blanc, accompagnement incontournable, est le lien avec les différentes migrations d’Asie.

Explorer la richesse spirituelle et culturelle de La Réunion est donc une expérience qui va bien au-delà du tourisme classique. C’est un voyage qui invite à l’observation, au respect et à la réflexion sur notre propre rapport à l’autre. Pour mettre en pratique ces conseils et vivre pleinement cette immersion, l’étape suivante consiste à préparer votre itinéraire en intégrant ces visites et moments forts.

Rédigé par Sandrine Moutoussamy, Guide Conférencière agréée Villes et Pays d'Art et d'Histoire, anthropologue de formation. Elle est spécialisée dans l'histoire du peuplement de La Réunion, les religions et le patrimoine culinaire.